Le 18 avril dernier, le lycée Externat Notre-Dame de Grenoble a accueilli sa deuxième Journée de la Paix, une initiative portée par l’équipe enseignante de philosophie et les élèves de Première et Terminale HLP.
Le thème : « Toi, Moi, Nous pour penser et construire la Paix »
L’événement, pensé comme un moment de réflexion collective, s’inscrivait dans la continuité d’une première édition consacrée à la paix économique, en partenariat avec la chaire de Paix économique de Grenoble École Management. Cette année, les enseignants ont souhaité explorer d’autres voies : celles de l’expérience, de l’engagement, du dialogue… en un mot, faire de la philosophie autrement.
Parmi les temps forts de la journée, une conférence de Reza Moghaddassi, philosophe et auteur de « Les murs qui séparent les hommes ne montent pas jusqu’au ciel », a ouvert la réflexion sur les liens complexes entre vérité, identités et valeurs : sont-elles sources de paix ou de violence ?
D’autres interventions ont ensuite jalonné la journée autour de thématiques variées : la création, le rapport aux générations, les enjeux du mieux-être, ou encore les outils pour penser le monde de demain.
Méditer pour faire la paix avec soi-même
C’est dans ce cadre que j’ai eu la chance de créer et coanimer un atelier de méditation de pleine conscience avec Lola, lycéenne de 17 ans à l’origine du thème : « Faire la paix avec soi-même ».
Pour de nombreux élèves, la méditation évoque encore des idées floues, parfois erronées : “faire le vide”, “arrêter de penser”, “se détendre”. Et pourtant, leur besoin est bien réel : faire face au stress, à la pression des choix d’avenir, au rythme effréné du quotidien. Ce qu’ils cherchent, ce sont des espaces de respiration, de recul, d’écoute.
À travers cet atelier, une trentaine de jeunes ont pu expérimenter :
- Des méditations guidées, assises ou en mouvement, pour revenir à ce qu’ils vivent ici et maintenant ;
- Une réflexion sur leurs croyances limitantes, souvent inconscientes mais puissantes, qu’il est possible de dépasser ;
- L’exercice des « 3 kifs par jour », pour se reconnecter à ce qui fait du bien, même au milieu du tumulte.
Malgré quelques timidités, chacun a participé avec sincérité. Dans un cadre bienveillant, tout ce qui émerge est accueilli, sans jugement.
Un moment hors du quotidien
Rien d’extraordinaire ? Peut-être.
Et pourtant, si rare dans leur (notre ?) quotidien.
Peu d’occasions leur sont offertes pour faire une pause, ralentir, s’écouter vraiment, partager leurs ressentis, leur trop-plein ou simplement souffler.
En quittant cet atelier, je me suis sentie reconnaissante et nourrie par la profondeur de leurs échanges, souvent inattendus, toujours justes. Ces moments suspendus sont précieux – pour eux, pour nous, pour demain.
Un immense merci à Rachel, professeure de philosophie, pour son invitation, et à Lola, pour son implication sincère et inspirante.
Voici d’ailleurs quelques mots de Lola sur son expérience :
« J’avais beaucoup d’appréhension avant cette journée. Il y avait de la peur et du stress que les élèves ne soient pas convaincus et ne se mobilisent pas, alors qu’au contraire ça s’est très bien passé. Chaque groupe m’a touché différemment. Et le fait de refaire les mêmes pratiques avec 2 groupes différents m’a montré comme mon expérience a été différente, marquée par la marche en pleine conscience pour le premier et par la méditation assise avec le second. Ce qui m’a le plus émue c’est de voir à quel point chacun était investi. Nous en avions besoin pour apprendre à nous écouter, nous apaiser, nous estimer…c’est essentiel. » Lola
